Rêver,  Vivre

Veggie jusque où ?

Chers nouveaux lecteurs,

Si par malheur je postais dans un futur plus ou moins proche des articles concernant le bien être animal, ou encore les alternatives de consommation éthiques, ou même -démone que je suis- des recettes végétaliennes employant uniquement des produits à base de végétaux….. je me heurterai inévitablement à de piquantes remarques. On me demanderait à raison quelles sont mes habitudes alimentaires ? Si je fais partie d’une quelconque secte animiste ? Ou bien encore j’aurai droit comme bien d’autres avant moi à des commentaires caustiques qui ne font guère plaisir à lire.

Alors j’ai préféré être transparente avec vous. Je vais foncer dans le tas sans aucune finesse…..

Oui, je suis végane !

Je le dis sans aucune gêne, et le clame avec grande fierté, car c’est un choix que j’ai fait il y a bien longtemps, et qui jusqu’à présent s’est révélé être une des meilleures choses que j’ai pu faire dans ma vie. En quelques questions sommaires, je vais vous expliquer mon parcours, afin que vous puissiez déjà apprendre à mieux me connaître. Aussi, vous serez alors prévenu(e)s que certains posts pourront parfois s’orienter vers des idées alternatives sur la consommation éthique et aussi sur des débats moraux par exemple… So, let’s talk about veganism….

 

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Depuis combien de temps es-tu végane, et pourquoi avoir fait ce changement dans ta vie ?

Durant mon adolescence je me renseignais beaucoup sur différents sujets de la vie, et notamment de l’alimentation. Mais on m’a enseigné à manger varié et équilibré, alors je ne me posais pas plus de questions que cela, tout en sachant que des alternatives végétales existaient et compensaient les chairs animales consommées pour certains nutriments essentiels. Mais un jour, ma mère nous ayant tous déposés dans notre assiette un steak de bœuf du boucher bien saignant, je me suis rendue compte d’une chose : au delà de la nourriture, les nutriments qui constituent cette « viande », il y avait une vie, la vache qui avait finit dépecée et transformée en différents morceaux de « choix ». Alors j’ai enfin fait le rapprochement entre les animaux, et leur équivalent en produits de boucherie. Cela a vraiment produit un déclic dans ma manière de considérer les aliments de façon générale, sur leur mode de production, sur l’industrie autour, la commercialisation et bien sûr les recommandations de santé !

Tout s’est accélérer lorsque j’ai effectué un séjour linguistique dans le sud de l’Angleterre l’année suivante. Je venais d’avoir 16 ans, et je me souviens avoir vu cette famille végétarienne trouver tout se dont elle avait besoin sans consommer de chairs animales. Cet exemple m’a assuré qu’il était possible de se nourrir correctement sans tuer de bêtes. Au mois d’avril de cette même année, je devenais végétalienne, car j’arrêtai purement et simplement les produits issus des animaux comme le lait, le beurre et autres fromages qui ne faisaient pas partie de mes aliments les plus consommés car ils étaient pour moi associés à de mauvaises graisses et donc, non nécessaires à mon alimentation.

Ouf, ça en fait un pavé ! Et encore, j’ai été brève dans mon explication !

 

Penses-tu qu’il est difficile de devenir végane ?

Le problème est multifactoriel. Je pense qu’il y a des facteurs prédisposant les personnes à changer leur mode de vie et de consommation comme l’empathie, l’ouverture d’esprit, la connaissance de la nutrition, une famille à l’écoute… Aussi les personnes ayant des animaux de compagnie ou pratiquant un loisir impliquant des animaux sont plus à même de ressentir de l’amour envers les animaux -reste encore à faire le travail d’élargissement de cet amour à tous les animaux terrestres, et non pas ceux que l’on a choisi d’aimer-.

Je pense qu’une personne est sur la bonne voie quand elle a compris qu’on pouvait aimer tous les êtres de la terre -et de la mer bien entendu- mais aussi que les humains avaient sélectionné des animaux « agréables » à côtoyer, dont on va respecter à minima leurs droits, et d’autres qui vont être considérés comme des animaux à tuer et à manger, les animaux « d’élevage ». Je remarque que beaucoup de personnes sont sensibles à des campagnes visant à pointer du doigt des pratiques intolérables dans l’industrie de la viande, et donc le premier pas est franchi : celui de l’empathie, de la capacité à ressentir la peine d’un autre, sa souffrance, et de souhaiter que cela cesse !

Ensuite, je dirais que le reste est un travail de questionnement sur ses pratiques, et de recherche d’alternatives et d’informations pour enfin oser franchir les étapes vers un mode de consommation et de vie respectant les animaux.

 

Pourquoi écris-tu végane et pas vegan ou végan ?

Et bien tout simplement pour franciser un peu tout ce vocable lié au respect des droits des animaux. Depuis la bien tardive année de 2015 le mot végane n’existait pas, et on avait droit à moult appellations : végétaliens, vegan, végans, véganes…. bref, tout se mélangeait et ce n’était pas très commode. Pendant très longtemps j’ai moi-même utilisé le mot « vegan » qui était donc le mot anglophone pour « végane » qui était bien pratique pour la simple raison qu’il était difficile de se tromper dans l’orthographe d’une part, et d’autre part qu’il était compréhensible dans toutes les langues ! Mais à force de remplacer nos mots par leurs substituts anglais, nous allons perdre un vocabulaire précieux, issu d’une histoire et d’une culture latine qui il me semble, est intéressant de préserver à minima. Alors je milite pour végane qui a été inscrit dans le Petit Robert de 2015 pour signifier le mouvement et les individus issus de ce mouvement qui excluent autant que faire se peut l’utilisation de produits issus de l’exploitation animale.

 

Regrettes-tu des aliments que tu mangeais autrefois ?

Oui et non. Disons que cela fait maintenant plus de 6 ans que je suis vegan, et que donc j’ai oublié une grande partie des saveurs que pouvaient avoir des aliments que j’aimais. Après il reste l’association émotionnelle à ces aliments, et ça par contre, ça reste ! Alors pas de problème, je me fais parfois une fournée de crêpes véganes délicieuses avec un chocolat chaud, ou encore des plats traditionnels en utilisant parfois quelques alternatives végétales aux produits carnés tels que des saucisses et autres similis.

Hummm j’ai goûté pour Noël un tarama végétal…. et aussi des rillettes de lentilles et d’artichauts…. si vous aviez pu goûter ça les amis…. un régal !

 

Mais… que penses-tu des œufs dans tout ça ?

Très bonne question ! Nous sommes tellement tous différents chez les véganes. C’est comme de parler du féminisme en tant qu’idéologie, et y regrouper principalement des figures extrêmes… Comme si le féminisme se résumait à cela ?! Et bien c’est évidemment la même chose chez les véganes. Malheureusement il existe des véganes anti-hommes, tout comme d’autres -et je vous rassure c’est la grande majorité- qui met sur un pied d’égalité les humains et les animaux, ce qui est le plus judicieux pour faire avancer le combat à mon sens. Ensuite il y a les véganes qui sont contre toute forme d’exploitation et de domestication de l’animal, et donc leur utilisation pour des loisirs tels que l’équitation comme une « utilisation » de l’animal.

Nous avons tous notre façon spécifique de concevoir les choses, et l’élevage des gallinacés en fait de même partie. Il me semble qu’il y a plusieurs problèmes. Premièrement dans l’industrie de l’œuf il y a de base un tri des poussins à la naissance puisque les poussins mâles deviendront des coqs qui, jusqu’à présent ne pondent pas d’œufs ! Donc ils sont simplement broyés directement ou encore gazés avant d’être jetés vulgairement dans des sacs plastiques géants et hop, à la benne ! Second problème, les œufs sont en fait des règles de poules, ce qui instinctivement est peu ragoutant, même si l’on sait que l’œuf a des propriétés nutritionnelles intéressantes : qui mangerait les règles de sa femme ? Troisième problème, le traitement fait aux animaux dans ces élevages : cages exiguës principalement en batterie, peu de lumière, surdosage de médicament, vie réduite car lorsque les poules ne sont plus productives, on préfère les tuer pour les manger plutôt que de leur laisser leur fin de vie tranquille, idem lorsqu’elles ne pondent plus…

Bref, vous l’aurez compris, l’industrie des œufs est tout aussi violente et mortifère que les autres secteurs de l’exploitation animale, alors oui, je préfère m’en abstenir et encore une fois, compter sur les excellentes alternatives aux œufs que ça soit dans les préparations culinaires que dans des recettes à base d’œufs comme l’omelette pour citer la fameuse.

 

On ne peut pas être végane à 100%, n’est-ce pas ?

Indirectement nous agissons tous envers les animaux d’une manière ou d’une autre. En buvant du vin où des insectes ont été broyés avec le raisin, en marchant sur le sol, en avalant un moucheron, ou en utilisant à contre-coeur certains matériaux non éthiques dans le cadre de son travail par exemple. Mais peut-être est-ce une fausse idée de penser qu’on ne doit donc rien faire pour le bien être et le respect des animaux malgré notre impact inévitable sur la vie terrestre et marine ! S’engager autant que l’on peut pour réduire la souffrance et l’exploitation, autant humaine qu’animale, à l’échelle de nos capacités est à mon sens une cause juste, et rien que pour cela, elle mérite d’être étendue tout comme nous avons été sensibilisés à des gestes écologiques pour réduire notre empreinte carbone sur Terre. Alors pourquoi pas ? Il suffit de se lancer !

 

Penses-tu élever tes enfants de façon végane ?

Si j’en désirais, je choisirais sûrement de les élever de façon végane, oui. D’une part parce que cela est tout à fait sain de suivre ce mode de vie et que je n’y vois donc aucun inconvénient à le débuter dès les premières heures de la vie. Ensuite il me semble que c’est un acte éducatif fort, avec un éveil à des valeurs comme l’empathie et la générosité, le respect des droits, de la vie, de l’importance des petites choses de ce monde qui font partie d’un tout, bref, tout cela serait tellement riche en apprentissages pour un être en développement !

Ensuite vous allez me dire qu’il y a le soucis des autres : de la cantine, des copains… Certes, on doit sans doute se heurter à des difficultés d’acceptation de la différence d’être « végane ». Si j’étais parent j’userais de cela pour confronter mon enfant à ces différentes visions du monde, et de mode de vie, même si à la maison ce sera toujours végane, j’espère laisser le choix à mon enfant malgré mon éducation bienveillante de choisir sa voie avec ses propres expériences.

 

Cela ne te dérange pas d’agir davantage pour les animaux que pour les humains ?

Bizarrement cet argument revient très souvent lorsqu’on se confronte à des personnes omnivores. Comme si on était obligé de mettre côte à côte les luttes et d’en donner une note sur la valeur la plus importante ? La faim dans le monde, l’illettrisme, les droits des femmes, la sauvegarde de l’environnement, les droits des animaux : tout cela est égal, tout vaut la peine d’être amélioré. Notre but dans l’humanité -je l’espère pour un bon nombre d’entre nous- est la paix n’est-ce pas ?

Donc au contraire, je pense plutôt qu’il faut penser convergence des luttes plutôt que de cloisonner les causes et en dévaloriser certaines. Chacun agis selon sa sensibilité, ses prédispositions, sa culture… Mais la vue d’ensemble est la même : faire du mieux que l’on peut pour favoriser une meilleure vie pour chaque être habitant ce monde !

Bref, voyez vous donc qu’après cette petite présentation je me sens d’une humeur guillerette, un peu comme une enfant naïve peignant un beau tableau de la terre avec des hommes et des animaux se tenant la main, de toutes les couleurs et de toutes les formes !

Peut-être qu’au fond, tout réside dans cette pensée d’Oscar Wilde : « Le progrès n’est que l’accomplissement des utopies. »

 

Marie

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