Calendrier de l'avent 2018,  Plume

Rouler en boule bien au chaud

Onze heure sonne et pourtant je suis engourdie comme dans un sommeil profond. Je suis assise, ou plutôt courbée, sur mon canapé moelleux. Je m’enroule comme pour m’y enfoncer, la tête la première, dans ce cocon que je connais si bien, le confort des meubles de mon intérieur.

Je ne sais pourquoi cette allure. Je ne sais pourquoi je ne ressens pas d’envie. Ah si, peut-être est-ce cette maille trop serrée qui me serre la poitrine et le ventre ? Peut-être est-ce la froideur du monde au dehors ? Ou bien même l’appréhension du lendemain, toujours inquiétant par l’inconnu qu’il représente ?

Je ne sais au fond ce qui me rend inconfortable dans ce corps mais c’est le cas. L’envie de se plonger au fond de sa carapace comme les tissus d’une tortue, et d’y rester pour l’éternité. Tout serait plus simple si on ne devait gérer que soi-même, mais il y a les autres. Toujours il nous faut se confronter aux milliers de regards qui jugent, scrutent, maudissent ou jalousent.

Mais on ne peut se recroqueviller bien longtemps. Le monde au dehors est rude, brute, et beau pourtant. Il neige au dehors. Il fait froid, mais ça fait un bien fou. Et si je décidais de me lever, de faire un pied de nez à ce que je ressent comme une difficulté et le transformer en force : la force de vaincre mes frousses. Alors je chausse mes bottes, je regarde mon allure boulotte dans le miroir de l’entrée en haussant les épaules : je représente bien davantage que ce que je renvois à l’extérieur ; et j’affronte le dehors.

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