Penser

Revue cinéma d’avril

Arizona dream – Emir Kusturica (1993)

Toucher l’impalpable.

Ce film est certes culte, mais culte n’est pas synonyme de « populaire », d’accessible. Pour apprécier ce film il faut laisser de côté ce qu’on attend d’abord du cinéma : une histoire. Du moins c’est ce que j’ai ressenti avec cette œuvre, si hors norme et intrépide, unique, qu’on ne pouvait ne serait-ce que chercher à la comprendre. Ce serait une erreur de vouloir trouver un sens à ce film, qui n’est autre qu’un concentré explosif d’émotions, que cela soit au travers du jeu des personnages, des images fortes qui ponctuent le film de façon surréaliste, mais aussi par sa bande son rêveuse.

On retrouve des grands noms du cinéma américain, incarnant des personnages perdus dans leur propre monde. L’oncle vendeur de limousines en plein désert, le neveu écartelé entre deux femmes, une voisine ambitieuse et un poil schizophrène, le frère acteur raté de sa propre vie, et la fille jalouse de sa mère. Ces personnages s’agitent en un joyeux bordel, montrant de façon exacerbée à tous leur propre inutilité au monde.

Mes impressions se résument donc ainsi, c’est un film surréaliste. Avis donc aux amateurs d’étrange et de loufoque. De drôlerie triste, et de comédie humaine déjantée. Mais si vous cherchez une trame, une intrigue, un but… passez votre chemin.

Paula – Christian Schwochow (2017)

Sur Arte il y avait ce biopic un de ces derniers soirs sur cette femme artiste peintre du début du XXe siècle. Je me suis laissée tentée lorsque j’ai su que cette femme, Paula, avait marqué un tournant dans l’histoire de la peinture, pour s’être fait une place parmi les Hommes de ce temps. Mais aussi pour la tragique fin subite de son œuvre et de sa vie.

Cet hommage à la gloire et à l’ambition de cette femme m’a donc séduite. Elle est dépeinte avec semble-t-il justesse malgré le style un peu romantique qui dégage de ce film. Tout est un peu « pastel », sans goût, sans accrocs, lisse. On n’arrive ni à se plonger dans la psychologie d’un ou plusieurs personnages, on survole une époque, on suggère sans appuyer, et du coup on ne rentre finalement que peu dans le vif du sujet, à savoir les femmes artistes au XXe siècle.

Malgré tout c’était un petit film sans prétention qui m’eut été plaisant de découvrir, surtout pour la découverte d’une artiste que je ne connaissais pas, mais aussi pour me dire que définitivement, le combat pour les droits des femmes est loin d’être terminé, et ne le sera sans doute jamais.

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