FEST-INSITU

Reporter in situ – Festival du château perché édition 2019

Hello les chatons ! C’est la pleine saison des festivals -ou festivaux- je ne sais jamais lequel des deux choisir. Festivaux ça sonne vraiment laid tout de même, ça me fait penser à la fête des veaux, pas le genre d’endroit où j’aurais envie d’aller m’éclater je peux vous le dire ! Non vraiment, les festivals c’est bien mieux et puis tant pis si ça ne se dit pas. Et cette année je vous embarque au cœur d’un arboretum magique, où perchépolis, la cité perchée s’est installée le temps de 4 jours de fête joyeuse où se sont rencontrés des milliers d’individus, avides de musique, de paix et à la recherche du même but : profiter de l’instant présent.

Les plus perchés d’entre eux se sont prêtés au jeu du costume, arborant des attributs lumineux, portant d’énormes parapluies-méduses, ou encore en jouant le saoudien aux doigts bagués d’or. Des hommes aux jupes de tulles, des iroquois aux plumes multicolores, peau d’âne ou des papillons lumineux géants. Malgré tout, une fois la première nuit folle passée, on peut dire qu’une bonne partie des costumes se sont décomposés. Moi même mon allure de libellule, ou fée bleue c’est au choix, n’a pas fait long feu ! Mais c’est le jeu de la foule et de l’instant : on s’adapte à tout, et surtout ça nous passe au dessus de la tête, car l’important est de profiter, pas de se demander sans cesse si on est en train de marcher sur sa traîne ou tout autre chose !

Une fête costumée

A notre gauche un magnifique tailleur tropical, parfait pour faire du bâteau mouche ou pour se dandiner dans la boue. A droite le gang des Charlies, pour une fois je les ai trouvés !

En parcourant les chemins étroits et boueux entre les arbres, on découvre ci et là des installations intéressantes. Structures gonflables, sculptures, cabinet de curiosité là au milieu de la plaine, vélos elliptiques devant les scènes, arbres lumineux… Une multitude de petites merveilles artisanales qui donnent un ton rêveur à tout promeneur, quel que soit son état au moment où il tombe dessus. Émerveillement garanti. J’ai vainement tenté de vous en montrer quelques miettes peu goûteuses, mais qui vous laissent imaginer l’odeur de ce pain là.

Un coléoptère sagement immobile

Petit cabinet de curiosités, hamacs disséminés et un mannequin nu

Malgré tout je suis un peu restée sur ma faim sur ce côté perché, créatif, ambitieux dont laissait sous-entendre ce festival dans sa perche, euuh pardon sa prêche médiatique. On s’attend à de l’onirisme partout, il aurait pu y avoir je ne sais pas moi, des troupes ambulantes, des clowns, des théâtreux, plein de petites animations sympathiques autour de ce festival. Il devait y avoir une scène complètement dédiée à cela, et je n’en ai pas vu la couleur. Il semblerait qu’une partie des scènes prévues initialement aient été fermées pour cause d’intempéries -ce week end de fin juillet a apporté tempêtes et pluies importantes, qui nous a trempé jusqu’aux os. Encore heureux que certaines scènes ont pu continuer à accueillir les artistes, et que les enceintes, même parfois bâchées, continuaient à nous ensorceler.

La première soirée perchée était extrêmement agréable car justement, la pluie ne s’était pas encore invitée à la fête. La musique démarrait à 17h pour se terminer le lendemain vers 13h. Nombre de personnes arrivent même à s’endormir en plein milieu d’un vortex de basses répétitives dans des hamacs disposés ici et là, dans des filets géants, coussins, ou carrément allongés sur le sol. Attention : je vous déconseille de vous adosser à un arbre. C’est le meilleur endroit pour vous retrouver imbibé d’urine masculine. Car même si des blocs sanitaires et des urinoirs géants étaient disposés partout dans le festival entre chaque scène, les hommes sont toujours aussi fainéants et préfèrent s’exposer aux yeux de tous et uriner sur les grilles, le long des routes et chemins, et même parfois au milieu de la plaine ! No problemo mon gars !

Bref ! Le lendemain, quand tu te réveilles un peu la tête dans le cul, et que tu cherches à boire un jus de fruit fraichement pressé, ton cerveau en bouillie ressemble un peu à ça en avançant sur les chemins bien barricadés du festival -au cas où un mouton venait à se faire la malle dans la forêt de l’arboretum-

Ouais ça fait mal hein, tu connais ça aussi quand c’est un peu flou autour de toi, que le son t’emmène quand même au bout du chemin mais que tu l’entends sans l’écouter vraiment ? En fait ton corps est là mais ton esprit lui, il attend encore une heure ou deux avant de revenir te faire coucou !

Oh il semblerait que les arbres aient muté durant le festival !?

Ambiance et Organisation

Revenons un peu sur l’organisation même du Château perché. Une chose est sûre, les bénévoles sont au top. Un super accueil, une patience hors norme à la buvette ou aux différents postes de recharge de cash ou aux toilettes… non vraiment rien à dire à ce niveau là. A un moment donné d’ailleurs, quand j’y repense c’était une vision amusante, je passe devant un poste de secours -qui sont d’ailleurs très bien fléchés le long des parcours grillagés bééééh- et je vois au milieu de la tente deux gros poufs ou un matelas je ne sais plus, et deux gars assis en tailleur qui contemplent le devant d’eux sans rien dire. Je me dis « les pauvres ils doivent se faire chier à ce poste, bénévole au poste de secours, personne n’y va. Si on a un malaise on s’allonge 5mn et ça repart, non ? » Et finalement en leur parlant, les gars n’étaient même pas bénévoles, le lieu était vide, ils ont trouvé un matelas, alors ils en profitaient un peu tout simplement ! Bref, moi ça m’a fait rire, je ne sais pas où étaient les bénévoles à ce moment précis par contre….. mais alors paaaas du tout !

Ah et par contre, on peut noter aussi une forme de solidarité très agréable à ce sujet là. A un moment donné, ayant très mal aux lombaires à force de me tortiller dans tous les sens depuis des heures, je décide de faire un peu d’étirements au beau milieu de la nuit. Je m’étend, tête en bas, lâche mes bras, et fait plusieurs extensions, relâchements. Mais plusieurs fois on est venu me voir pour me demander comment j’allais, pensant peut-être que j’allais vomir mes tripes. Du coup, c’était à mon sens un point important à souligner.

Un autre point important, c’était la surveillance accrue sur le festival. Et le manque évident de plaisir à voir les gens s’amuser simplement. Le ton autoritaire et condescendant de certains m’a vraiment surprise. Même si le fait que la sécurité civile soit relou soit un problème récurrent, alors là, ils manquaient clairement de respect ! Je me baladais avec une petite bouteille d’eau. J’essaie de négocier à l’entrée du festival pour la garder dans mon sac. Pas moyen : « ça passera pas madame » m’a-t-il répété à trois reprises. Alors je lui donne la bouteille qui était en plus bien fraîche en lui disant « bah du coup je vous l’offre elle sera pour vous ». Et paf que le mec te la balance dans le tas d’ordure derrière lui. Oh ! Quel toupet ! Oh dis oh ! Bougre ! Et c’est sans parler le palpage intensif avant de passer les dernières barrières de l’entrée dans l’arboretum. Mais bon… au moins une fois passé ces grillages le lieu est rempli de personnes cool et bienveillantes. Un esprit bon enfant. Alors on va dire qu’on va passer outre. Même si ce flicage, et le fait qu’il y ait des barrières partout m’a un peu fait de la peine je dois l’avouer.

Enfin, on peut dire que la programmation était impressionnante. Juste tellement dommage qu’un tiers des scènes aient du fermer dès le samedi matin pour cause de tempêtes… sûrement un de ces avis préfectoraux à la c.. on nous racontera que c’est pour notre sécurité, notre bien. Certes, mais si on ne prend jamais de risques alors on ne peut jamais avancer. Ça veut dire quoi « dépasser ses limites » bon dieu ! Ça veut bien dire ce que ça veut dire non ? Soit. Une chose est sûre il faut aimer la techno pour venir ici ! Et de façon générale il y avait peu de vrais styles tranchés -du moins sur les dernières grosses scènes restantes. Pour autant toutes les scènes avaient leur petit truc, leur petite buvette, leurs petits urinoirs… comment ça j’ai un problème avec les urinoirs ? Nan en plus y’en avait pour les filles aussi et ça c’est trop la classe !

En définitive si je devais résumer en deux mots, non disons plutôt trois, l’ambiance du Château perché je dirais :

Bon enfant – Solennel – Frustrant

Bon enfant car les festivaliers étaient vraiment tous sympas, de plusieurs cultures différentes. On vient ici comme on est, aucun jugement mais alors aucun ne se fait sur ce lieu, et tout à chacun respecte l’autre que ça soit en dansant, en respectant la queue pour un morceau de gaufre salée, en ramassant le verre du voisin, en laissant une nana tranquille quand on lui dit « non » à plusieurs reprises… C’est un festival à l’esprit libre et tranquille.

Solennel car on assiste à une sorte de messe musicale. On prie tous en s’évadant loin du quotidien, loin des stéréotypes et du quant dira-t-on. On se douche nu -enfin ce n’est pas obligatoire hein j’vous rassure- dans des installations de plein air de fortune, on s’émerveille des choses les plus insignifiantes qu’on rencontre, on échange un sourire à des milliers d’inconnus qui nous sourient en retour. Un esprit de paix s’évade de chaque âme, car elles sont toutes réunies là pour prendre simplement du bon temps.

Frustrant au fond, parce que la magie s’arrête un bon nombre d’heures. Je m’attendais à un festival où il y aurait une multitude de chapiteaux avec des installations, des artistes de rue, de l’improvisation, du théâtre, du yoga dans la boue, ce genre de chose fantasque quoi. Même le château de l’arboretum n’était pas accessible alors que ça aurait pu être un magnifique endroit de fête également ! J’en ai été fortement désappointée je l’avoue. En lisant les textes annonceurs de cette grande cérémonie, et en payant le prix fort mon pass d’entrée, je m’attendais clairement à quelque chose de grandiose, et même si c’était un merveilleux moment, je suis un peu restée sur ma faim quant à l’ambiance générale diluée sur ce festival.

Alors à vous de voir pour tenter la prochaine édition ?!
Je vous laisse avec cette magnifique illustration de transe musicale !

PS – A ce moment précis le son était très très bon, comme de nombreuses heures d’évasion sonore.

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