Rêver

Prendre soin de l’autre, lutter contre le sans abrisme

Nous avons tous déjà été confrontés à la situation suivante : passer dans la rue devant des personnes aux signes extérieurs de pauvreté, baisser le regard voire changer de trottoir, et continuer d’avancer. Certains font parfois la manche, d’autres non, mais leur présence réveille en nous des émotions emmêlées comme la compassion, la tristesse, la culpabilité ou encore la détresse.
Ressentir ces différentes émotions est normal, on se sent perdu car les comportements à adopter dans ces situations ne sont pas toujours simples, d’autant plus qu’il s’agit -presque- systématiquement des personnes qui nous sont inconnues.


Plusieurs cas de figure peuvent se présenter à nous, bien entendu ce ne sont que des exemples parmi tant d’expériences et de rencontres possibles :

  • La personne exprime une demande, un besoin
    > Il peut s’agit d’une personne qui fait la manche ou vous demande de quoi se restaurer, une cigarette…

    Tout d’abord il ne faut pas oublier que faire la manche représente des heures d’immobilité, debout ou assis, à affronter les regards parfois emplis de jugement mais aussi un manque de courtoisie évident. Un simple bonjour accompagné d’un regard est le premier geste à adopter dans ces situations.
    Ensuite, s’agissant d’une forme de gagne-pain, s’arrêter à la portée de ces personnes et glisser un peu de monnaie ou quelque chose à manger sera toujours apprécié et remercié. En effet la politesse est essentielle, et marque le respect mutuel que l’on se porte malgré nos différences.

  • La personne n’exprime aucune demande et semble isolée
    > La personne est repliée sur elle-même, semble éloignée de la vie tumultueuse qui s’agite autour d’elle…

    Quoi lui dire, quoi faire ? La meilleure posture à adopter est toujours de ne pas différencier son attitude par rapport au fait que cette personne vous semble marginalisée, agissez comme avec n’importe quel passant de rue.
    Certes vous allez peut-être vous faire rembarrer, mais le premier contact reste primordial, et vous présenter avec un simple « bonjour monsieur, vous allez bien ? » en se mettant à sa hauteur permet à la personne d’être reconnue comme un individu dont on se soucie.
    Ensuite il peut y avoir une discussion ou non qui découle de ce premier contact.
    Vous pouvez demander si la personne a besoin de quelque chose, et si elle a un endroit où dormir. Si ce n’est pas le cas, et en cas de doute, vous pouvez par la suite signaler cette situation en appelant le numéro national d’orientation et d’hébergement d’urgence qu’est le 115 dont nous parlerons plus tard dans cet article.

  • La personne semble en mauvais état de santé
    > Il peut s’agir d’un comas éthylique, d’une chute, de blessures physiques visibles…

    Un de nos devoirs de citoyens est également d’aider notre prochain même dans les conditions les plus difficiles. Ainsi vous pouvez simplement vous approcher de la personne et lui parler, évaluer l’état de conscience dans laquelle elle se trouve.
    En cas de doute, mettre la personne en position PLS pour éviter les étranglements potentiels et tous gestes potentiellement dangereux.
    Appeler le numéro national du samu 15 de préférence, ou le 18 lors d’incidents légers, pour assurer une prise en charge médicale rapide.


Crédit photo © Pierre Faure


L’accueil d’urgence et le service d’écoute du 115

Le numéro national d’urgence du 115 est un service téléphonique national destiné aux personnes sans solution d’hébergement. Ce service fonctionne 24h/24 et 7j/7 et oriente des personnes sans domicile fixe ou en difficultés locatives vers des structures d’accueil d’urgence selon leurs situations : isolés, en couple ou en famille. Ce service est géré selon les villes par des associations diverses (ANEF, Croix Rouge…).

En Appelant ce numéro pour signaler une situation particulière, selon les capacités des municipalités il y aura une équipe spécialisée dans l’accompagnement de rue qui pourra aller à la rencontre de la personne signalée afin d’évaluer la situation, le parcours de la personne et apporter une aide matérielle de première nécessité, proposer un hébergement pour la nuit et également proposer de revenir voir la personne régulièrement pour s’enquérir de son accès aux besoins de première nécessité.

Ainsi en appelant en tant que particulier ce numéro national du 115, vous contribuez à la veille sociale dans votre ville et vous vous engagez dans une réelle volonté de lutte contre le sans abrisme, en permettant de donner une dimension encore plus visible de ces personnes par le signalement, et en permettant à des équipes de travailleurs sociaux et médicaux, de pouvoir accompagner ces personnes aux conditions de vie précaires.

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