Rêver

Idées reçues sur l’immigration en France

Idées reçues sur l’immigration en France

 

Bonjour à tous !

Aujourd’hui je voulais écrire un billet un peu plus engagé, lié aux préconçus que l’on peut avoir vis à vis des personnes accueillies en France, étrangères et immigrées. J’entends parfois des conversations de comptoir, annonçant le dépérissement de la France. Le pays allant dans une impasse sociale et économique, à cause notamment des immigrés, et descendants d’immigrés. Bien entendu ces discours vont contre une certaine catégorie de personnes, pas toujours citée mais bien comprise de tous : les musulmans ! Or il faut faire un premier distinguo : L’origine ethnique et donc la nationalité, et les croyances et cultures des individus. Ce sont deux choses différentes, qui demandent donc un traitement différent. On peut avoir un débat moral sur ce que doit être la vie ensemble et donc la démocratie, avec ses droits, ses devoirs, ses règles, mais attention aux amalgames entre croyances individuelles et immigration.

Prenant pour appui les statistiques de population de l’INSEE, institut national des statistiques et des études économiques, je souhaiterais rectifier les nombreuses erreurs de discours insinuant que la France accueille beaucoup trop d’étrangers, mais surtout trop de personnes d’origine africaine et nord-africaine, dont les mœurs et les croyances seraient « incompatibles » avec la république Française.

Tout d’abord il me semble important de rappeler les définitions suivantes :

 

Étranger : Un étranger est une personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française, soit qu’elle possède une autre nationalité (à titre exclusif), soit qu’elle n’en ait aucune (c’est le cas des personnes apatrides). Les personnes de nationalité française possédant une autre nationalité (ou plusieurs) sont considérées en France comme françaises. Un étranger n’est pas forcément immigré, il peut être né en France (les mineurs notamment).

Immigré : Selon la définition adoptée par le Haut Conseil à l’Intégration, un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. Les personnes nées françaises à l’étranger et vivant en France ne sont donc pas comptabilisées. À l’inverse, certains immigrés ont pu devenir français, les autres restant étrangers. Les populations étrangère et immigrée ne se confondent pas totalement : un immigré n’est pas nécessairement étranger et réciproquement, certains étrangers sont nés en France (essentiellement des mineurs).

La qualité d’immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s’il devient français par acquisition. C’est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l’origine géographique d’un immigré.

Émigré : Individu ayant quitté son pays d’origine vers un autre pays tiers.

Descendant d’immigré : Personne née et résidant en France ayant au moins un parent immigré. Cette définition ne comprend pas les personnes elles-même immigrées (notamment celles qui ont migré avec leurs parents).

Cette première mise au point nous permet de nous remettre en mémoire d’une part que les personnes immigrées proviennent de n’importe quel autre pays étranger à la France, d’autre part qu’un immigré peut être étranger (de nationalité non-française ou apatride), ou de nationalité française. Parfois on fait donc l’amalgame de considérer toute personne ethniquement différente comme immigrée, alors qu’il s’agirait plutôt de les voir comme des descendants d’immigrés.

Maintenant quelques chiffres sur l’immigration.

 

Les derniers recensements de l’INSEE sur le sujet remontent à 2012. Sur le graphique suivant, on peut voir que la part des immigrés en France se situe à 9% de la population, ce qui revient à environ 4500 personnes sur le territoire. La part totale de personnes étrangères résidant en France monte elle à 11% de la population, prenant en compte les personnes immigrées, mais aussi les personnes de nationalité étrangère ou apatrides.

Sur ce second graphique on peut voit l’origine géographique des personnes immigrées ainsi que l’évolution de celle-ci sur les années 2007 à 2012. On peut noter que l’immigration la plus importante provient du continent africain (2462 personnes arrivées en France d’origine africaine en 2012) et qu’ensuite vient l’immigration d’Europe facilitée par la libre circulation des biens et des individus avec l’espace Schengen (2099 personnes arrivées en France d’origine européenne en 2012). Les autres continents sont en minorité dans le recensement d’effectif de l’INSEE, mais ce qu’on peut noter, c’est que la part européenne et africaine d’immigrés est presque identique. Nous sommes donc loin d’un ras de marée africain vers la France, même si l’histoire et la proximité géographique des pays sud-méditerranéens favorise la circulation des personnes.

Il en va donc de même pour les descendants d’immigrés. La croyance populaire serait que les ressortissants des pays africains et nord-africains seraient majoritaires, d’autant plus avec notre histoire commune. Mais dans les chiffres, les descendants d’immigrés proviennent majoritairement d’Europe ! Après je ne prétends pas être démographe, mais ce que je constate à mon simple niveau d’analyse de cette étude sur la population française, c’est que le maillage ethnique que l’on constate tous les jours est beaucoup plus riche et global que le simple raccourcis « black, blanc, beur ».

Pour conclure, on voit que le nombre de personnes immigrées et étrangères représentent 11% de la population française, et que parmi elles, on compte une variété innombrable de nationalités. On peut également nuancer ces chiffres qui peuvent en effrayer plus d’un, l’immigration a des causes multiples : accéder à des études supérieures, travailler dans un autre pays que son pays d’origine, rejoindre un conjoint étranger, fuir les guerres, la maladie, l’instabilité politique, la misère économique… Au fond, peut-être devrions nous nous réjouir de l’incroyable possibilité de traverser les frontières pour tenter une vie meilleure, et penser alors aux conditions dans lesquelles cela est rendu -ou non- possible ?

En tout cas, notre monde est complexe, et c’est pour rappeler notre devoir d’humilité face à des situations de vie difficiles que vivent souvent les personnes immigrées ou étrangères que j’ai souhaité montrer la réalité de la France, à savoir qu’elle n’est pas un pays d’accueil inconditionnel, où une masse de plus en plus énorme d’étrangers africains et musulmans s’accapareraient notre territoire ! Au contraire la part d’étrangers dans la population française est relativement stable, compte tenu des départs qui s’effectuent également chaque année.

Je rappelle en dernier lieu que les statistiques ethniques et religieux sont interdits en France, ainsi nous ne possédons pas d’analyse d’envergure sur les croyances des individus. Libre à chacun de croire ce qu’il veut, mais ne confondons pas origine et religion, c’est tout ce que je souhaitais rappeler.

A bientôt les amis pour un nouvel article sur Eudoxie-blog.com !

Sources :

https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definitions

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281393

https://www.insee.fr/fr/statistiques/1906593?sommaire=1906605

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